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L’on dénombre des dizaines de langues locales effectivement parlées en Côte d'Ivoire, dont la plupart sont encore à décrire. Les quelques unes de ces langues qui ont été décrites restent fondamentalement des langues orales, pour la simple raison qu’il n’y a pas encore eu de réels efforts entrepris, publiques ou privés, en vue de développer l’alphabétisation dans ces langues. Seules les langues étrangères, généralement des langues héritées de l'ère coloniale, sont enseignées dans le système éducatif. Par instinct, le français est la langue d'enseignement auquel s’ajoutent un certain nombre de langues de communication à grande échelle comme l'anglais, l'espagnol, l'allemand et le portugais qui sont présentes dans le système éducatif du pays comme matières, du début du premier cycle à la fin du deuxième cycle. Parmi les les dernières citées, certaines vont au-delà du second cycle, en qualité de matières et /ou langue d’enseignement.
Dans ce panorama, la langue locale est inexistante, pour ainsi dire. Et pourtant, l'importance de la langue maternelle de l’enfant en général et scolaire en particuler en termes de son développement n’est plus à démontrer. En effet, les recherches dans le domaine de l’apprentissage en général et l’apprentissage des langues en particulier en font amplement cas. La fondation Senoufo est une fondation de type communautaire qui a pour but de stimuler et favoriser un développement durable du peuple Senoufo au sens large. Pour ce faire, il comporte bon nombre de projets qui seront mis sur pied. Le manque de promotion de nos langues locales constitue une véritable menace à l’existence même des populations locales qui voient leurs langues s’effriter à un rythme vertigineux au contact des langues exoglossiques. A travers ses multiples projets, la Fondation se propose de corriger le déficit mentionné ci-dessus. Le volet principal est l’alphabétisation dans tous les parlers en vigueur, se réclamant du groupe senoufo en côte d’ivoire aussi bien que dans les pays limitrophes tels que le mali, le Burkina Faso, le Ghana et le Togo. Etant donné que la description est un préalable à l’alphabétisation, la fondation se fera un point d’honneur de soutenir les efforts dans cette perspective, partout où le besoin se fera sentir. Les efforts d’identification et de description des langues et/ou dialectes du peuple senoufo, quelle que soit la taille de ses natifs et subséquemment l’alphabétisation vont non seulement aider à préserver ces langues et dialectes en question, mais aussi redorer le blason du peuple senoufo et réhabiliter son âme, par le même truchement. La fondation, à dessein, comporte une grande envergure; mais sa réalisation repose sur des initiatives individuelles privées locales. En d’autres termes, la fondation vient en renfort aux efforts locaux dans une région donnée où la variante linguistique du groupe senoufo est en vigueur, le senari, tagbanan, djimini, koroboro, etc.